























Pendant dix ans, je suis retourné sans cesse au Haut-Karabakh, cette terre arménienne des montagnes que ses habitants appellent l'Artsakh. J'y suis allé avant la guerre, quand la paix n'était qu'une trêve fragile et que les villages vivaient à l'ombre de la ligne de front. J'y étais pendant la guerre, auprès des soldats à peine sortis de l'enfance, des blessés, des familles déplacées.J'y suis revenu après, quand il ne restait que des maisons éventrées et l'isolement, jusqu'à l'exode de toute la population de la région en septembre 2023.
Jardin Noir suit ainsi la lente disparition d'un monde, de la résistance jusqu'à l'effacement. Né comme un témoignage, ce travail est devenu la mémoire d'une terre abandonnée dans l'indifférence. Ces photographies sont la preuve que ce monde a existé.